Samedi 24 octobre 2009 6 24 10 2009 23:50



Je suis dépourvu de foi et ne puis donc être heureux, car un homme qui risque de craindre que sa vie soit une errance absurde vers une mort certaine ne peut être heureux. Je n’ai reçu en héritage ni dieu, ni point fixe sur la terre d’où je puisse attirer l’attention d’un dieu : on ne m’a pas non plus légué la fureur bien déguisée du sceptique, les ruses de Sioux du rationaliste ou la candeur ardente de l’athée. Je n’ose donc jeter la pierre ni à celle qui croit en des choses qui ne m’inspirent que le doute, ni à celui qui cultive son doute comme si celui-ci n’était pas, lui aussi, entouré de ténèbres. Cette pierre m’atteindrait moi-même car je suis bien certain d’une chose : le besoin de consolation que connaît l’être humain est impossible à rassasier.


En ce qui me concerne, je traque la consolation comme le chasseur traque le gibier. Partout où je crois l’apercevoir dans la forêt, je tire. Souvent je n’atteins que le vide mais, une fois de temps en temps, une proie tombe à mes pieds. Et, comme je sais que la consolation ne dure que le temps d’un souffle de vent dans la cime d’un arbre, je me dépêche de m’emparer de ma victime.

Qu’ai-je alors entre mes bras ?


Puisque je suis solitaire : une femme aimée ou un compagnon de voyage malheureux. Puisque je suis poète : un arc de mots que je ressens de la joie et de l’effroi à bander. Puisque je suis prisonnier : un aperçu soudain de la liberté. Puisque je suis menacé par la mort : un animal vivant et bien chaud, un cœur qui bat de façon sarcastique. Puisque je suis menacé par la mer : un récif de granit bien dur.

Mais il y a aussi des consolations qui viennent à moi sans y être conviées et qui remplissent ma chambre de chuchotements odieux : Je suis ton plaisir – aime-les tous ! Je suis ton talent – fais-en aussi mauvais usage que de toi-même ! Je suis ton désir de jouissance – seuls vivent les gourmets ! Je suis ta solitude – méprise les hommes ! Je suis ton aspiration à la mort – alors tranche !

Le fil du rasoir est bien étroit. Je vois ma vie menacée par deux périls : par les bouches avides de la gourmandise, de l’autre par l’amertume de l’avarice qui se nourrit d’elle-même. Mais je tiens à refuser de choisir entre l’orgie et l’ascèse, même si je dois pour cela subir le supplice du gril de mes désirs. Pour moi, il ne suffit pas de savoir que, puisque nous ne sommes pas libres de nos actes, tout est excusable. Ce que je cherche, ce n’est pas une excuse à ma vie mais exactement le contraire d’une excuse : le pardon. L’idée me vient finalement que toute consolation ne prenant pas en compte ma liberté est trompeuse, qu’elle n’est que l’image réfléchie de mon désespoir. En effet, lorsque mon désespoir me dit : Perds confiance, car chaque jour n’est qu’une trêve entre deux nuits, la fausse consolation me crie : Espère, car chaque nuit n’est qu’une trêve entre deux jours.

Mais l’humanité n’a que faire d’une consolation en forme de mot d’esprit : elle a besoin d’une consolation qui illumine. Et celui qui souhaite devenir mauvais, c’est-à-dire devenir un homme qui agisse comme si toutes les actions étaient défendables, doit au moins avoir la bonté de le remarquer lorsqu’il y parvient.

Personne ne peut énumérer tous les cas où la consolation est une nécessité. Personne ne sait quand tombera le crépuscule et la vie n’est pas un problème qui puisse être résolu en divisant la lumière par l’obscurité et les jours par les nuits, c’est un voyage imprévisible entre des lieux qui n’existent pas. Je peux, par exemple, marcher sur le rivage et ressentir tout à coup le défi effroyable que l’éternité lance à mon existence dans le mouvement perpétuel de la mer et dans la fuite perpétuelle du vent. Que devient alors le temps, si ce n’est une consolation pour le fait que rien de ce qui est humain ne dure – et quelle misérable consolation, qui n’enrichit que les Suisses !

Je peux rester assis devant un feu dans la pièce la moins exposée de toutes au danger et sentir soudain la mort me cerner. Elle se trouve dans le feu, dans tous les objets pointus qui m’entourent, dans le poids du toit et dans la masse des murs, elle se trouve dans l’eau, dans la neige, dans la chaleur et dans mon sang. Que devient alors le sentiment humain de sécurité si ce n’est une consolation pour le fait que la mort est ce qu’il y a de plus proche de la vie – et quelle misérable consolation, qui ne fait que nous rappeler ce qu’elle veut nous faire oublier !

Je peux remplir toutes mes pages blanches avec les plus belles combinaisons de mots que puisse imaginer mon cerveau. Etant donné que je cherche à m’assurer que ma vie n’est pas absurde et que je ne suis pas seul sur la terre, je rassemble tous ces mots en un livre et je l’offre au monde. En retour, celui-ci me donne la richesse, la gloire et le silence. Mais que puis-je bien faire de cet argent et quel plaisir puis-je prendre à contribuer au progrès de la littérature – je ne désire que ce que je n’aurai pas : confirmation de ce que mes mots ont touché le cœur du monde. Que devient alors mon talent si ce n’est une consolation pour le fait que je suis seul – mais quelle épouvantable consolation, qui me fait simplement ressentir ma solitude cinq fois plus fort !

Je peux voir la liberté incarnée dans un animal qui traverse rapidement une clairière et entendre une voix qui chuchote : Vis simplement, prends ce que tu désires et n’aie pas peur des lois ! Mais qu’est-ce que ce bon conseil si ce n’est une consolation pour le fait que la liberté n’existe pas – et quelle impitoyable consolation pour celui qui s’avise que l’être humain doit mettre des millions d’années à devenir un lézard !

Pour finir, je peux m’apercevoir que cette terre est une fosse commune dans laquelle le roi Salomon, Ophélie et Himmler reposent côte à côte. Je peux en conclure que le bourreau et la malheureuse jouissent de la même mort que le sage, et que la mort peut nous faire l’effet d’une consolation pour une vie manquée. Mais quelle atroce consolation pour celui qui voudrait voir dans la vie une consolation pour la mort !

Je ne possède pas de philosophie dans laquelle je puisse me mouvoir comme le poisson dans l’eau ou l’oiseau dans le ciel. Tout ce que je possède est un duel, et ce duel se livre à chaque minute de ma vie entre les fausses consolations, qui ne font qu’accroître mon impuissance et rendre plus profond mon désespoir, et les vraies, qui me mènent vers une libération temporaire. Je devrais peut-être dire : la vraie car, à la vérité, il n’existe pour moi qu’une seule consolation qui soit réelle, celle qui me dit que je suis un homme libre, un individu inviolable, un être souverain à l’intérieur de ses limites.

Mais la liberté commence par l’esclavage et la souveraineté par la dépendance. Le signe le plus certain de ma servitude est ma peur de vivre. Le signe définitif de ma liberté est le fait que ma peur laisse la place à la joie tranquille de l’indépendance. On dirait que j’ai besoin de la dépendance pour pouvoir finalement connaître la consolation d’être un homme libre, et c’est certainement vrai. A la lumière de mes actes, je m’aperçois que toute ma vie semble n’avoir eu pour but que de faire mon propre malheur. Ce qui devrait m’apporter la liberté m’apporte l’esclavage et les pierres en guise de pain.

Les autres hommes ont d’autres maîtres. En ce qui me concerne, mon talent me rend esclave au point de pas oser l’employer, de peur de l’avoir perdu. De plus, je suis tellement esclave de mon nom que j’ose à peine écrire une ligne, de peur de lui nuire. Et, lorsque la dépression arrive finalement, je suis aussi son esclave. Mon plus grand désir est de la retenir, mon plus grand plaisir est de sentir que tout ce que je valais résidait dans ce que je crois avoir perdu : la capacité de créer de la beauté à partir de mon désespoir, de mon dégoût et de mes faiblesses. Avec une joie amère, je désire voir mes maisons tomber en ruine et me voir moi-même enseveli sous la neige de l’oubli. Mais la dépression est une poupée russe et, dans la dernière poupée, se trouvent un couteau, une lame de rasoir, un poison, une eau profonde et un saut dans un grand trou. Je finis par devenir l’esclave de tous ces instruments de mort. Ils me suivent comme des chiens, à moins que le chien, ce ne soit moi. Et il me semble comprendre que le suicide est la seule preuve de la liberté humaine.

Mais, venant d’une direction que je ne soupçonne pas encore, voici que s’approche le miracle de la libération. Cela peut se produire sur le rivage, et la même éternité qui, tout à l’heure, suscitait mon effroi est maintenant le témoin de mon accession à la liberté. En quoi consiste donc ce miracle ? Tout simplement dans la découverte soudaine que personne, aucune puissance, aucun être humain, n’a le droit d’énoncer envers moi des exigences telles que mon désir de vivre vienne à s’étioler. Car si ce désir n’existe pas, qu’est-ce qui peut alors exister ?

Puisque je suis au bord de la mer, je peux apprendre de la mer. Personne n’a le droit d’exiger de la mer qu’elle porte tous les bateaux, ou du vent qu’il gonfle perpétuellement toutes les voiles. De même, personne n’a le droit d’exiger de moi que ma vie consiste à être prisonnier de certaines fonctions. Pour moi, ce n’est pas le devoir avant tout mais : la vie avant tout. Tout comme les autres hommes, je dois avoir droit à des moments où je puisse faire un pas de côté et sentir que je ne suis pas seulement une partie de cette masse que l’on appelle la population du globe, mais aussi une unité autonome.

Ce n’est qu’en un tel instant que je peux être libre vis-à-vis de tous les faits de la vie qui, auparavant, ont causé mon désespoir. Je peux reconnaître que la mer et le vent ne manqueront pas de me survivre et que l’éternité se soucie peu de moi. Mais qui me demande de me soucier de l’éternité ? Ma vie n’est courte que si je la place sur le billot du temps. Les possibilités de ma vie ne sont limitées que si je compte le nombre de mots ou le nombre de livres auxquels j’aurai le temps de donner le jour avant de mourir. Mais qui me demande de compter ? Le temps n’est pas l’étalon qui convient à la vie. Au fond, le temps est un instrument de mesure sans valeur car il n’atteint que les ouvrages avancés de ma vie.

Mais tout ce qui m’arrive d’important et tout ce qui donne à ma vie son merveilleux contenu : la rencontre avec un être aimé, une caresse sur la peau, une aide au moment critique, le spectacle du clair de lune, une promenade en mer à la voile, la joie que l’on donne à un enfant, le frisson devant la beauté, tout cela se déroule totalement en dehors du temps. Car peu importe que je rencontre la beauté l’espace d’une seconde ou l’espace de cent ans. Non seulement la félicité se situe en marge du temps mais elle nie toute relation entre celui-ci et la vie.

Je soulève donc de mes épaules le fardeau du temps et, par la même occasion, celui des performances que l’on exige de moi. Ma vie n’est pas quelque chose que l’on doive mesurer. Ni le saut du cabri ni le lever du soleil ne sont des performances. Une vie humaine n’est pas non plus une performance, mais quelque chose qui grandit et cherche à atteindre la perfection. Et ce qui est parfait n’accomplit pas de performance : ce qui est parfait œuvre en état de repos. Il est absurde de prétendre que la mer soit faite pour porter des armadas et des dauphins. Certes, elle le fait – mais en conservant sa liberté. Il est également absurde de prétendre que l’homme soit fait pour autre chose que pour vivre. Certes, il approvisionne des machines et il écrit des livres, mais il pourrait tout aussi bien faire autre chose. L’important est qu’il fasse ce qu’il fait en toute liberté et en pleine conscience de ce que, comme tout autre détail de la création, il est une fin en soi. Il repose en lui-même comme une pierre sur le sable.

Je peux même m’affranchir du pouvoir de la mort. Il est vrai que je ne peux me libérer de l’idée que la mort marche sur mes talons et encore moins nier sa réalité. Mais je peux réduire à néant la menace qu’elle constitue en me dispensant d’accrocher ma vie à des points d’appui aussi précaires que le temps et la gloire.

Par contre, il n’est pas en mon pouvoir de rester perpétuellement tourné vers la mer et de comparer sa liberté avec la mienne. Le moment arrivera où je devrai me retourner vers la terre et faire face aux organisateurs de l’oppression dont je suis victime. Ce que je serai alors contraint de reconnaître, c’est que l’homme a donné à sa vie des formes qui, au moins en apparence, sont plus fortes que lui. Même avec ma liberté toute récente je ne puis les briser, je ne puis que soupirer sous leur poids. Par contre, parmi les exigences qui pèsent sur l’homme, je peux voir lesquelles sont absurdes et lesquelles sont inéluctables. Selon moi, une sorte de liberté est perdue pour toujours ou pour longtemps. C’est la liberté qui vient de la capacité de posséder son propre élément. Le poisson possède le sien, de même que l’oiseau et que l’animal terrestre. Thoreau avait encore la forêt de Walden – mais où est maintenant la forêt où l’être humain puisse prouver qu’il est possible de vivre en liberté en dehors des formes figées de la société ?

Je suis obligé de répondre : nulle part. Si je veux vivre libre, il faut pour l’instant que je le fasse à l’intérieur de ces formes. Le monde est donc plus fort que moi. A son pouvoir je n’ai rien à opposer que moi-même – mais, d’un autre côté, c’est considérable. Car, tant que je ne me laisse pas écraser par le nombre, je suis moi aussi une puissance. Et mon pouvoir est redoutable tant que je puis opposer la force de mes mots à celle du monde, car celui qui construit des prisons s’exprime moins bien que celui qui bâtit la liberté. Mais ma puissance ne connaîtra plus de bornes le jour où je n’aurai plus que le silence pour défendre mon inviolabilité, car aucune hache ne peut avoir de prise sur le silence vivant.

Telle est ma seule consolation. Je sais que les rechutes dans le désespoir seront nombreuses et profondes, mais le souvenir du miracle de la libération me porte comme une aile vers un but qui me donne le vertige : une consolation qui soit plus qu’une consolation et plus grande qu’une philosophie, c’est-à-dire une raison de vivre.
Par posté par le Matelot Flo - Communauté : communauté des patates libres
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Mercredi 7 octobre 2009 3 07 10 2009 22:40
Bonjour
 
Pour prouver que ce blog n'est pas mort, (n'est-ce pas, toute l'équipe des patates libres ? Hein ?) j'ai décidé d'écrire aujourd'hui un article à propos

d'Inglorious Basterds


qui est comme tout le monde le sait 
le dernier film de Quentin Tarantino.
Annonçons la couleur : mon avis est très positif. C'est 
un Tarantino très bon crû.
 D'abord, je trouve que Brad Pitt est génial, et Cristopher Waltz (c'est bien son nom ?) qui a eu la palme du meilleur acteur à Cannes y est également assez extraordinaire. Les 
dialogues sont souvent longs et s'étendent dans la durée, mais ils 
enrichissent la tension du récit et ont leur utilité (alors que les dialogues s'éternisant dans Boulevard de la mort m'avaient plutôt ennuyé, mais il faut avouer que les conversations n'y sont pas les mêmes), d'ailleurs à propos de longueur, j'ai trouvé dès la première séquence du film que Tarantino réalisait un Western sous l'occupation… On se croirait parfois chez Sergio Leone. Ce que j'ai beaucoup aimé aussi c'est l'utilisation de la musique; il y a énormément de dialogues mais lorsque il va y avoir de l'action, la musique nous l'annonce :

"là, ça va barder",


et 
j'adore
.
Bien sûr, Tarantino réécrit l'Histoire, et il nous montre Hitler ou Goebbles sans chercher le réalisme : n'empêche que lorsqu'il se moque du premier en le présentant se faisant peinturlurer sur un tableau gigantesque, je trouve ça savoureux. D'autre part dans le genre 
"je me fiche de la gueule d'Hitler même si l'affaire est grave", il y a pire : un film que je n'ai pas vu mais que j'aimerai découvrir un jour, je ne sais pas du tout ce que j'en penserai mais il attire ma curiosité : Mein führer. Il est possible que je détesterais, je n'en sais rien. Mais Inglorious Basterds me semble moins provocateur et scandaleux que Mein Führer, qui est une comédie délirant totalement sur Hitler et un juilf sorti d'un camp pour le coacher : peut-être que je pourrais être scandalisé si je voyais ce film, car je ne suis pas sûr que j'apprécierai une sorte de mise en dérision des camps de la mort, du traitement des juifs mais je ne peux pas juger car je n'ai pas vu le film. Ce que je sais pour Inglorious Basterds, c'est que, oui, il se fout superbement de la gueule d'Hitler, oui il réécrit l'Histoire, 

mais il ne touche pas aux camps de la mort. A ce titre,
Inglorious Basterds me paraît mille fois plus respectueux


qu'un 
"La Vie est belle" que je n'ai même pas

envie de revoir un jour et dont seul le vague souvenir me dégoûte déjà suffisamment… 
Bref, tout ça pour dire que, éthiquement, Tarantino pour moi a parfaitement le droit de faire ce film tel qu'il l'a fait. Comme je crois que ce point peut faire débat alors je voulais en parler.
Donc, il réécrit l'Histoire. Franchement, quand jregarde le film, le scénar me semble parfaitement cohérent, pourtant je n'arrive pas à m'imaginer Hitler et tous les dignitaires nazis mourir dans l'incendie d'un cinéma sur une page de Wikipédia ou les pages de nos livres d'Histoire… Qu'importe ! Voir Hitler se faire déchiqueter par les balles est assez jouissif, cette liberté dans l'h(H)istoire est jouissive…
Bien sûr, tout le monde crève, bien sûr c'est gore à

souhait 
et, bien sûr, Tarantino se garde le meilleur

pour la fin 
: il avait montré les scalps et pas mal de choses, mais nous avait épargnés les croix nazies sur les fronts pour ne nous en montrer l'éxécution qu'au tout dernier plan (ou presque) ! Cette scène de découpe m'a vraiment traumatisé et dégoûté, mais un film de Tarantino sans trucs bien gore bien dégueus bien sanguinolants, c'est juste pas du Tarantino ! (ce qui est intéressant aussi c'est qu'il n'hésite pas à mettre du comique dans le tragique et inversement : quand Brad Pitt dit "Arriverchi" avec son bon gros accent américain, c'est juste hilarant, même si les événements vont de mal en pis pour sa bande…)

Il faut que je vous le dise : cette note est au départ la réponse que j'ai apporté à une amie lorsqu'elle m'a demandé ce que j'avais pensé d'Inglorious Basterds : j'ai retouché deux trois phrases mais j'ai quasiment laissé tel quel. Je pensais que ça pourrait faire un bon article.
Si j'avais dès le départ écris ces mots pour l'île des patates, d'ailleurs, j'aurais écrit quelque-chose de plus structuré, plus organisé, là c'est juste des mots spontanés balancés à quelqu'un d'autre, en somme… Mais c'est une bonne excuse pour gratter sur ce blog, il me semble.
 
Par Matelot Flot - Publié dans : Cinémathérapie - Communauté : communauté des patates libres
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Lundi 1 juin 2009 1 01 06 2009 16:33
(à mettre en relation avec http://philosophie.blogs.liberation.fr/noudelmann/2009/05/lhumain-est-une-enveloppe-facebook-est-son-message.html#more)


Une personne avec qui je parlais il y a encore trois heures, m'a dit que j'étais "cinglé", et que je me comportais comme un adolescent.

Ce n'est pas tout à fait vrai : je suis un original narcissique. Ce qui n'est certes guère plus défendable.

Mais curieusement j'ai quand même souffert parce que, même sans avoir su le formuler correctement, cette personne aura sans doute trop bien rappelé à mon attention ce qui était pourtant patent : l'autre mot pour "originalité", c'est "égoïsme", et un mot plus précis encore pour "narcissique", c'est "psychorigide" . Je suis un pauvre type capable de chialer devant le Finale de "La 25ème Heure" de Spike Lee ou la 1236ème rediffusion du dernier épisode de Friends, mais incapable de compatir profondément pour le clochard en haillons en train d'agoniser sur le trottoir, voire d'avoir la moindre compassion pour un sarkoziste qui voit son idole chuter à moins de 75% d'opinions favorables dans les sondages...

Si je n'ai rien d'autre que ma petite personne, il faut bien que j'en déduise les conséquences : je n'ai de facto rien à donner à part le spectacle de mes caprices et de mon incapacité à me construire une identité qui irait au-delà d'une façade pour faire illusion (car il faut bien donner le change). Pire : je suis incapable de recevoir de l' Autre, "quantité abstraite à laquelle il est inutile de vouloir se réconcilier, et vain de vouloir se comparer" (Baudrillard).

Objectivement, peut-être que l'amour seul ouvre et peut se révéler source de félicité.
Mais peut-être bien que - tout aussi objectivement -, c'est une chose méprisable, voire détestable qui nous détourne de la (recherche de la) vérité. Et puis, en fin de compte, ça demande autant de "compétences" et d'"attributs" que n'importe quel "job". Pourquoi insister quand on n'a ni les uns, ni les autres ? Qui oserait clamer "j'ai de l'amour à donner" ou "je recherche de l'amour", à une époque où l'on est sommé de vendre sa personnalité, produit bankable comme un autre ?

Allons un peu plus loin : N'assumerais-je pas un narcissisme immanent et total, là où d'autres ont besoin d'un regard autre, le miroir dans lequel l'on se contemple en aimant ?

Car - franchement -, qu'est-ce qu'aimer, sinon aimer aimer et s'aimer aimer ?
Intolérable involution quand on en vient à l'amour, dont chacun persiste à vouloir confondre ses multiples évocations comme étant les manifestations spontanées d'une quintessence supérieure que serait l'Amour (avec un grand A), alors même que ce dernier n'existe pas dans l'absolu, qu'on doit au contraire le réinventer en tout lieu et tout instant, si l'on ne veut pas en court-circuiter les péripéties, les chances d'évoluer par soi-même, qui font qu'on peut se l'approprier et le positionner dans le cheminement de nos quêtes personnelles ?

C'est vrai, après tout : je deviens de plus en vieux et misanthrope, chaque jour. Non pas que j'en souffre : le véritable mot, c'est "épuisé". Je suis profondément las.

Je pense parfois que l'idée de "machine à suicide" - idée utilisée (reprise ?) par le démiurge Yukito Kishiro dans son évocation de la société totalitariste de l'univers de "GUNNM" - est tout à fait défendable. Camus ne disait t'il pas qu'en tout point de l'Histoire, l'humanité franchit un pas quand un problème politique est considéré d'un point de vue humain ? Un citoyen qui se sentirait inutile pour la société aurait ainsi la possibilité de se retirer dignement, avant que la vie n'achève d'en faire un mort. Bien sûr, il faudrait instaurer des instances intermédiaires : des comités d'éthique et des suivis psychologiques pour aider familles et proches à accepter la chose... mais les résultats seraient là : seuls les plus heureux - donc les plus à même de tout donner, d'être performants et d'assurer la pérennité de la société - survivraient.

On résoudrait ainsi à la fois le problème du chômage et du suicide, en réduisant l'un par la suppression (ô combien) définitive de demandeurs d'emploi ("sous-qualifiés", "trop vieux","ne présentant pas assez bien", etc, etc.) et en permettant d'avoir une régulatin contrôlée l'autre : la systématisation du suicide n'inciterait t'elle pas chacun à se dépasser, à faire tout son possible pour ne pas en arriver à cette extrémité ? De plus, quoi de pire pour quelqu'un que de retrouver le cadavre d'un proche suicidé ou d'avoir à l'identifier à la morgue, sinon d'avoir à assumer l'entretien d'un déficient mental qui s'est raté en ayant tenté de se tirer une balle ou se pendre parce que celui-ci, dans la solitude de son désarroi, s'y sera mal pris ?

La systématisation du suicide permettrait une élimination décente, efficace et respectueuse de tant de gens qui ne voient plus de sens à rester en vie, plutôt que de chercher à tout prix à leur inoculer artificiellement des "raisons de vivre".

Vous dites "amour" ?
Par Dark parmentier - Publié dans : Paumé-attitude - Communauté : communauté des patates libres
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Mardi 19 mai 2009 2 19 05 2009 22:50
Pense-bête : faire une note sur l'île des patates libres à propos du film "Toute l'histoire de mes échecs sexuels".
Par Matelot Flot - Communauté : communauté des patates libres
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Mercredi 22 avril 2009 3 22 04 2009 19:31

Je comprends qu'on puisse aimer SEXY SUSHI.
Je n'en écouterai pas tous les jours, mais jcomprends qu'on puisse apprécier.
C'est d'une violence cathartique, que je trouve assez intéressante. 
Jveux dire… Quand j'écoute Sexy Sushi, je me reconnecte avec une partie de moi qui partage l'attitude de ce groupe. 
Comment dire ?…
Une chanteuse qui se défoule sur des airs éléctros à la con. Mais qui, assemblés aux paroles, donnent une putain d'atmoshère, de ressenti, vraiment spécial.
Jveux dire… Ya un côté merdique et nauséabond qui est fascinant, paradoxalement attractif, et, oui, j'ai déjà essayé de le dire, mais qui parle à une facette de nous qui, je sais pas… en a marre ?…

Bref, autant vous laisser écouter. (le clip est un hommage à l'hémoglobine, mais je trouve pas ça inintéressant)




Ils ont aussi un clip muet super drôle, ici :

http://www.youtube.com/watch?gl=FR&hl=fr&v=asCV3MSyt_M

(et voici encore une page de leur site internet : http://sexysushi.free.fr/LINKS.html) 


post-scriptum adressé à l'équide de l'île des patates : bon, on le fait ce plan "nouvelle star version patates" ?… Si oui, comment est-ce qu'on s'y prend ?… Il n'y a aucune vidéo chantée dans l'administration… 
Par Matelot Flot - Communauté : communauté des patates libres
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Dimanche 19 avril 2009 7 19 04 2009 19:34


Voilà comment je m'amuse.Et la photo, c'est encore le moulage de bite de Constance.Et euh. Désolé si ce que j'ai fait vous casse les oreilles. À votre avis, c'est mon manque de talent ou mon manque d'équipement ? Ah ah ! Non parce que je vous jure, il suffirait que j'ai une fichue paire d'OREILLETTES, et ça irait beaucoup mieux pour enregistrer… 
Par matelot flot - Communauté : communauté des patates libres
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Jeudi 9 avril 2009 4 09 04 2009 22:45
Mélancolie carabinée,
Nausée de l'âme,
Overdose de mondanitées,
Bilan; Insatisfaction et déceptions.
Esprit hanté comme une maison, rêves emplis d'être éloignés par le temps et l'espace.
Le passé est présent à mon coeur qui bat.
Et les émotions ne sont pas mortes.
Les blessures se réveillent.
Nausée de l'âme.

J'écoute Barbara, échos en moi, attendez que ma joie revienne, la mal de vivre...

Bitter taste
Sweet melody

Mais pas de déprime, ça va passer, comme toujours.

La joie ne peut perdurer, elle se fade, laisse un goût doux-amer, et reviens.

Accepter... Les cycles.



 
Par Communauté des patates libres - Publié dans : Paumé-attitude - Communauté : communauté des patates libres
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Samedi 28 mars 2009 6 28 03 2009 21:17


Est-ce que les femmes peuvent dire qu'elles ont une grosse bite ?…


Je pense que c'est une question importante. Voire très importante. La différence physique entre l'homme et la femme, c'est le sexe. L'homme a une grosse quéquette, la femme, c'est plus compliqué elle a des trompes de fallope a l'intérieur de ses entrailles… Elle a un clitoris. Elle a des lèvres. Oui, un sexe avec une bouche c'est original. Et entre les lèvres c'est l'endroit qui permet de rentrer son zizi d'homme. Le clito ça sert aussi au plaisir sexuel.
Donc voilà, c'est vachement plus complexe. Et il s'agit d'un sexe intérieur quand le sexe de l'homme se dégage à l'extérieur, s'affiche.
Une fille en maillot de bains, elle peut avoir de beaux lolos, n'empêche que ya rien sous le slip. L'homme, lui, peut se permettre de montrer qu'il en a une sous son maillot de bain. Enfin non, il le montre pas… Mais ça se voit.

Alors voilà, les hommes se chamaillent pour des tailles de bites et les filles pour celle de leurs seins.
Les hommes n'ont pas de seins, les femmes n'ont pas de bite. Mais au moins les femmes ont des seins et les hommes un kiki.

C'est ça, qu'il faut que je me dise. Quand je pense que je ferais jamais l'expérience d'avoir deux lolos. J'ai pas de lolos, mais j'aurais toujours une bite.

Une bite et des lolos, c'est clairement pas la même chose. N'empêche que les deux ressortent.

Les filles portent des décolletés. Elles sont fières d'avoir des seins. Les hommes, ce n'est pas pareil. Ils évitent de montrer des bouts de leur bite… Pourtant, ils peuvent tout de même, plus au moins, se la péter avec.
Ce qui serait drôle, ce serait que les hommes portent un cache-sexe par-dessus leur pantalon. Pour se mettre en valeur. Quitte à faire superman en mettant un maillot de bain pardessus leur jogging… Ouais, ce serait fun…

Bref. La grosse bite a donc des points communs avec les lolos.
Mais approfondissons sur le phallus. Qu'est-ce que le phallus ?… Le phallus, le gros zizi tout dur, c'est une colonne antique, c'est un building, un gratte-ciel, c'est un bon gros cylindre… Ce que je veux dire, c'est que le phallus, bizarrement, valorise. "j'ai une grosse bite", ça veut dire "j'ai un grosse bite". C'est comme dire qu'on est pété de tunes. Pour l'homme, la bite, comme l'argent, peut être un signe de puissance, d'importance… 
"j'ai une grosse bite" ça veut dire "je suis puissant", "je suis important". D'ailleurs quand on bande pas on est impuissant. C'est pas pour rien qu'on utilise cette terminologie. Ne pas pouvoir bander c'est ne pas pouvoir être puissant et fort. Bander c'est devenir puissant et fort.
Si l'on parle de la femme… Arrive-t-il à la femme de se sentir "puissante et forte" grâce à sa sexualité ?… Je pense que oui, mais pas de la même manière. D'une manière profondément féminine et donc radicalement différente. Le phallus, indissociable d'une idée de puissance, de force, de valeur, est également indissociable, bien évidemment, du mâle, de la virilité.
On connait l'expression "le sexe faible" pour désigner les femmes, une expression bien évidemment péjorative, sexiste. N'empêche, d'où est-ce que ça vient ?… Moi, je crois qu'on a pu parler de "sexe faible" parce que le sexe féminin l'est : il est faible car il ne bande pas, il n'a pas de grosse colonne gréco-romaine entre les cuisses. La bite est forte et le vagin fragile. C'est l'idée.
Je crois que, de cette différence essentielle, découle de nombreuses autres entre hommes et femmes.
Par ailleurs, je pense qu'aujourd'hui, dans notre société qui essaie de libérer les  chaînes de la femme depuis un bon demi-siècle, les femmes peuvent en venir elles-aussi au fantasme de la grosse bite. Je pense qu'il y a des femmes viriles, qui se disent : "moi aussi, je peux bander, moi aussi j'en ai une grosse".
À l'inverse, l'homme peut essayer d'oublier sa bite quelques instants. Et renoncer à son illusion de force et de puissance. Il peut assumer l'idée que les femmes aussi ont des gros zizis, et qu'ils ne sont pas les maîtres du monde.

Donc voilà, si l'homme a longtemps eu une suprématie sur la femme, c'est parce qu'il croyait en avoir une plus grosse qu'elle.
Après le zizi ça sert aussi à faire l'amour. Ça c'est encore une autre histoire. Surtout qu'il ne suffit pas d'avoir un gros zizi.
Par Matelot Flot - Publié dans : logohrrées et élucubrations du matelot flo - Communauté : communauté des patates libres
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Jeudi 26 mars 2009 4 26 03 2009 20:34
Une grosse bite, c'est un peu comme un torse musclé et huileux : on a beau être un homme, on l'a pas forcément.

Matelot Flot


(Aujourd'hui, une élève de ma classe a fait un moulage de bite avec du latex. Ça m'a fait réfléchir. Sur la bite. Peut-être que j'écrirai une vraie note dessus, un de ces jours. Oui, sur la bite. Ah ah ! Mais là j'ai pas le temps.) 
Par Matelot Flot - Communauté : communauté des patates libres
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Samedi 21 mars 2009 6 21 03 2009 19:12
Comment peut-on en choisir cinq ?… Il faut bien ne jamais aller au cinéma…
Voilà : sur facebook, vous voyez qu'une amie a utilisé une application pour choisir cinq films. Et la consigne, ce n'est pas "best movies of all times", il y a juste écrit "movies" Alors qu'est-ce qu'on prend ?… Les films qui nous le plus marqués, plu, intéréssé, procuré du plaisir ?…
Ou les films qui ont changé ma vie ?… Dans un premier temps, je m'étais dis : "tiens, moi aussi je vais le faire, je vais choisir cinq films", et puis très rapidement j'ai réalisé que je ne pouvais pas.
J'ai vu il y a peu O' brother. Il n'y a pas beaucoup plus longtemps, The Big Lebowski. Il y a peu j'ai vu Harvey Milk. L'année dernière j'ai vu Into the Wild. Avant j'ai vu La vie des Autres, Little Miss Sunshine. Dans ma vie j'ai aussi vu des films merveilleux avec Jack Lemmon, Carry Grant, ou encore Audrey Hepburn.
Je prends mon pied devant de très nombreux films. J'ai du plaisir à les voir. Je les trouve intéressants, beaux, touchants… et parfois ils me font réfléchir. Alors, oui, il arrive que parfois je m'amuse moins que d'habitude. Que je voie des films moyens. Et parfois il arrive que je vois des films ENCORE MIEUX que d'habitude, encore plus bons… Et puis parfois j'ai des périodes où je ne vois que des excellents films, et là… Là, comment on fait ?…
Le plaisir est le même durant la séance, et pourtant, certains se fixent dans notre mémoire, plus au moins vaguement.  
Il y a des films que j'ai adoré, et auxquels je ne pense pas souvent. Qui ne reviennent pas forcément dans ma tête. Est-ce que c'est ça, les meilleurs films ?… Ceux qui te restent dans la tête, que tu "rumines" régulièrement ?…
Il n'y a que ça, des bons films… Ou presque… Alors, CINQ 

Conseil de la semaine :

"Faites le printemps du cinéma. Trois euros cinquante, pour une fois, c'est raisonnable" 
Par Matelot flot - Publié dans : Cinémathérapie
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